Je suis à 32 mois d’arrêt, j’ai été arrêté en mars 2021.

En 2012, j’avais déjà fait un BO, mais on ne m’a pas laissé le temps de me remettre complètement.

Le médecin conseil m’a ordonné de reprendre sans quoi elle me confronterai à mon directeur ; à l’époque j’étais cheffe de service.

J’ai repris le travail 3 mois après en piteux état.

Lorsque le poste de directeur s’est libéré, j’ai fait acte de candidature car je ne voulais plus que mes conditions de travail dépendent des autres ; par ailleurs, cela me permettait aussi de développer la QVCT au sein des services que j’avais en responsabilité.

La charge de travail s’est alourdie au fil des années, jusqu’à en devenir intenable pour moi.

Je ne voyais plus mes enfants, un peu le week-end si je n’étais pas appelée sur mes astreintes.

Les vacances, c’était avec l’ordi et le téléphone à proximité.

Le maître mot de l’organisation ” un directeur doit être joignable même en vacances”.

Bref, j’ai tenu tout ce que j’ai pu.

De 2019 à 2021, je me suis traînée.

Alors que j’avais demandé à ne pas être responsable d’une énième structure, elle m’a tout de même été confiée.

Des conflits de valeurs ont aussi perturbé la confiance que je pouvais avoir en l’organisation pour laquelle je travaillais.

Mes nuits étaient désastreuses.

Les derniers mois avant mon arrêt, je me sentais aigrie, en colère, épuisée, avec l’envie d’en finir.

Face à mon bureau, il y avait une fenêtre ; tous les jours, je me disais que j’allais me défenestrer.

C’était dur à combattre comme idée.

Et puis, la dernière semaine de travail, je me suis forcée à y retourner, en pleurant dans la voiture, comme une enfant qui ne veut pas aller à l’école.

C’était “trop”: c’est le mot que je me disais à chaque fois.

Le dernier jour, mes salariés se sont inquiétés pour moi, et je me suis dit que je ne pouvais pas leur infliger ça, je devais réfléchir à ce que j’allais faire.

Je n’ai pas eu le temps de la réflexion, mon corps a lâché le week-end avant mon arrêt.

Pleurs, impossible de penser, et des idées noires, culpabilité ….

J’avais été incapable de surmonter ça, quelle honte pour moi qui réussissais toujours tout.

Un passage à l’acte et une enfant traumatisée, je me suis entourée de professionnels psy, psychiatre, coach…bref je me suis fait aidée et c’est sans doute ce qui m’a sauvée.

Aujourd’hui, je vais mieux, je me reconstruis, mais je sais que je ne suis pas complètement sortie du BO.

Je manque souvent d’énergie, ma mémoire reste défaillante, les moments de panique arrivent assez vite quand je suis trop sollicitée.

Je ne dirais pas que mon BO m’a sauvé la vie, mais il m’a ouvert les yeux sur qui j’étais et ce que je voulais vraiment.

Ce travail sur soi est nécessaire si on veut aller de l’avant ; c’est loin d’être facile mais c’est vital.

Merci.

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