Audrey Harel

Un matin en janvier 2017. 

Impossible de sortir de mon lit. 

Corps bloqué.  

“Burn out professionnel” écrira le médecin. 

Panique. 

Le Burn out, un épuisement, du repos, on recharge les batteries et hop, c’est réglé ? 

Non, le Burn out est un effondrement !  

Chute brutale, violente, tout s’écroule. 

Corps douloureux, cerveau en berne. 

Je n’étais plus qu’une plaie béante.  

Traversée du désert, noirceur. 

Une éternité passée sous ma couette, impossible d’affronter le monde, la vie. 

Des crises d’angoisse à la pelle. 

Le ventre noué, des nausées, à la seule évocation du travail.  

Un tsunami d’une violence indicible qui m’a clouée au sol, lacérant ma chair, brisant mon cerveau.  

La femme dite forte, efficace, très investie, l’animal social, a disparu du jour au lendemain.  

Très amaigrie, diminuée, QI de poisson rouge.  

Il a fallu reconstruire sur les ruines de mon moi dévasté. 

Puis retourner sur le lieu du crime, presque 3 ans plus tard. Progressivement.  

J’ai repris à temps plein depuis un an, soit presque 5 ans après la chute. 

Séquelles cognitives difficiles à gérer, à accepter, grande fragilité, sensibilité exacerbée, m’accompagnent désormais. 

Et une RQTH en cadeau. 

Charge de travail inhumaine, maltraitance institutionnelle. 

En bonus un collègue toxique. 

Voilà le cocktail qui m’a brisée.  

J’ai réappris à vivre, je souris, mais la cicatrice ne disparaîtra pas.  

Non, ce qui ne nous tue pas ne nous rend pas plus fort. 

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