Marie, future sophrologue

Future sophrologue

Reconnexion après le Burn-Out : 

Je tenais à partager mon parcours de reconstruction professionnelle après avoir traversé le tumulte du burn-out. Il y a quelques années, j’ai ressenti le poids écrasant du stress, de la surcharge de travail, et de l’épuisement professionnel.

Après avoir exercé en tant que secrétaire de direction pendant plusieurs années, j’ai touché le fond. Le burn-out m’a laissé épuisée, déconnectée de moi-même, de ma famille et de mes aspirations profondes. C’est à ce moment critique que j’ai senti qu’il fallait faire quelque chose et c’est là que la sophrologie est entrée dans ma vie.

Rencontre avec la Sophrologie : Une Lumière dans l’Obscurité

La décision de me former à la sophrologie n’a pas été ma première impulsion, mais une réponse réfléchie à mon besoin urgent de changement. La sophrologie a été comme une lumière dans l’obscurité, une approche qui m’a permis de me reconnecter avec mon être profond, mes vraies priorités et de reconstruire mon chemin professionnel. Tout d’abord en tant que patiente en cabinet, puis en voyant les effets, je me suis dit que c’était un métier formidable, pourquoi pas moi !

Pourquoi la Sophrologie ?

La question que beaucoup posent : pourquoi la sophrologie ? La réponse réside dans la profondeur de cette discipline. Elle m’a offert bien plus qu’une simple reconversion professionnelle. La sophrologie m’a offert les outils déjà en consultation avant ma formation pour comprendre mes propres mécanismes de stress, pour les accepter, et enfin, pour les transcender. Avoir un petit échantillon sur soi et me sentir enfin à ma place, voilà ce que j’ai appris dans mon école de sophro.

Du Burn-Out à la Sophrologie : Un Cheminement Profond :

Ma formation chez Sophrologie Formations a été bien plus qu’un apprentissage académique et professionnel. C’était une immersion dans une compréhension plus profonde de moi-même, une exploration des ressources internes qui m’ont permis de surmonter le burn-out et de me reconstruire ou me construire plutôt autrement.

Transformation Personnelle et Professionnelle

Aujourd’hui, en tant que future sophrologue, je continue le travail sur moi, à prendre soin de moi et en stages, j’ai pu guider d’autres professionnels épuisés vers la prise de conscience pour enfin dire STOP, vers le changement et la résilience. Chaque jour, je vois les impacts positifs de la sophrologie sur la santé mentale et le bien-être. Loin des solutions miracles et ésotériques, la sophrologie est une piste à prendre au sérieux !

Message aux Collègues en Transition :

Si vous aussi, vous ressentez le besoin de changement après un burn-out, considérez la sophrologie comme bien plus qu’une simple reconversion. C’est un voyage de changement profond, une réconciliation avec soi-même, et un chemin vers une vie professionnelle alignée avec vos valeurs. On ne le dira jamais assez : prendre soin de soi, c’est pouvoir prendre soin de l’autre autrement !

Pierre

Retrouver l’Équilibre Après le Burn-Out. 

Je souhaitais partager avec vous un chapitre de ma vie qui a été marqué par l’épreuve terrible du burn-out et comment la sophrologie a été la clé de mon changement.

Le Constat : En Plein Burn-Out Professionnel :

Je suis un professionnel chevronné de la vente qui a atteint un point de non-retour dans sa carrière. La surcharge de travail, les exigences constantes, et le stress quotidien ont finalement eu raison de ma santé mentale. Le burn-out m’a frappé de plein fouet, laissant après coup un sentiment d’échec, d’épuisement total et un profond égarement.

Pourquoi la Sophrologie ?

Dans ma recherche de pistes et de solutions, j’ai découvert la sophrologie. Au début, je dois admettre que j’étais sceptique. Comment des exercices de respiration et de relaxation pourraient-ils réellement aider après un burn-out ? Cependant, le désespoir et un peu de curiosité m’ont poussé à essayer.

Le Cheminement avec la Sophrologie :

Les premières séances ont été comme un baume pour mon corps fatigué. Le sophrologue, avec son empathie et sa compréhension, m’a guidé à travers des exercices qui m’ont permis de me reconnecter avec mon corps et mes émotions. Chaque exercice était ajusté à mon état, à mes possibilités, le sophrologue était vraiment à l’écoute !

Reconnexion à Soi : Valeurs et Priorités :

Au fur et à mesure que les séances avançaient, j’ai commencé à me rendre compte (prises de conscience) de l’importance de la reconnexion à soi. Il a fallu du temps, je n’étais pas toujours patient mais mon sophrologue était présent et attentif aux moindres changements. J’ai trouvé que la sophrologie ne se résumait pas simplement à des exercices, mais représentait pour moi une exploration profonde de mes valeurs fondamentales et de mes véritables priorités. J’ai découvert une chose à laquelle je n’étais pas préparé dans mon système de fonctionnement, un verbe nouveau dans mon vocabulaire : s’autoriser ! M’autoriser à être qui je suis, dans l’état dans lequel je suis, vivre un peu plus pour moi, mes vraies priorités, ce fut une Découverte incroyable, digne des grands explorateurs, dans ma vie !

Renaissance Professionnelle et Personnelle :

La sophrologie a été le catalyseur de ma « renaissance ». Grâce à elle, j’ai retrouvé l’équilibre perdu, ou j’ai plutôt trouvé un nouvel équilibre qui me ressemblait davantage et j’ai entrepris ainsi une (re)découverte personnelle. Les exercices répétés de sophro m’ont aidé à définir de nouvelles perspectives professionnelles alignées sur mes aspirations les plus profondes. Une combinaison gagnant-gagnant cette fois-ci, plus douce, plus Moi !

Message aux Professionnels Épuisés :

Si vous vous trouvez dans la tourmente d’un burn-out, je vous encourage sincèrement à considérer la sophrologie comme une alliée précieuse sur votre chemin de réconciliation avec vous-mêmes. C’est bien plus qu’une pratique, c’est une invitation à (re)trouver votre essence même et à redéfinir votre relation avec le travail.

 

Valérie

Après 25 ans dans la grande distribution à des postes de management, mon corps a craqué en 2014, 4 jours après mon retour de vacances.

Avant d’avaler tous les médicaments contenus dans mon sac, un réflexe de survie m’a amenée jusqu’aux urgences les plus proches.

J’ai répété pendant toute la journée : « Il faut que ça s’arrête ».

3 semaines en clinique spécialisée, l’énergie d’une personne de 90 ans mais une sérénité comme je n’en avais pas connue depuis longtemps : enfin, ça s’était arrêté.

Ça n’était pas ma décision, j’aurais été incapable de la prendre en conscience, tout s’imposait à moi. Car bien sûr, il y avait eu des signes, dont un arrêt de 2 semaines 2 ans auparavant.

Mais il n’était pas question, il n’était pas possible de lâcher. J’étais retournée dans l’arène, stoïque et résignée.

La reconstruction a été longue mais j’ai été bien accompagnée et je le suis toujours. Je sais désormais reconnaître les clignotants orange avant qu’ils ne passent au rouge.

Je ne suis plus la même et heureusement.

J’ai appris à accepter celle que j’ai toujours été au fond de moi. Un projet s’est récemment imposé : je voulais que mon expérience serve à d’autres, ceux qui ne veulent rien lâcher, rien entendre et qui se retrouvent un matin aux urgences à répéter : « Je veux que ça s’arrête ».

Je suis en train de me former pour accompagner ces personnes et leur autoriser le nouveau futur qu’elles méritent.

Christelle Plana

Christelle Plana

Christelle Plana

J’ai toujours été passionnée par mon métier.

Je suis sapeur-pompier professionnelle, rentrée au bas de l’échelle, j’ai progressé au gré de mes envies jusqu’au grade de capitaine que je porte aujourd’hui.

Dotée d’une conscience professionnelle hors norme, marquée au fer rouge par la valeur travail, une définition du travail remplie de douleur (le vrai travail c’est le travail difficile et il faut en baver, sinon c’est qu’on ne fait rien), perfectionniste à souhait, toujours prête à aider les autres -empathie oblige, avec une motivation permanente à faire évoluer les situations, à m’améliorer.

Je ne savais pas que je cochais toutes les cases du portrait type de la parfaite candidate au burn-out.

Le poste de ma carrière s’est présenté à moi.

Mise à disposition dans une entreprise privée, je suis cheffe de centre de secours, responsable sécurité et je fais partie du comité de direction.

J’ai 2 services à gérer, soit 40 personnes et 3 missions essentielles au fonctionnement de l’entreprise.

Auparavant, il y avait 2 personnes pour tenir toutes ces fonctions.

Désormais il n’y en a qu’une : moi.

A mon arrivée, il y a 3 ans de retard car le responsable n’a pas été remplacé et les audits arrivent et je ne suis même pas formée.

Ce poste passionnant devient très vite un enfer et je bascule dans un stress chronique au bout de 6 mois.

Je passe d’une tâche à l’autre en permanence, termine mes dossiers et réponds aux sollicitations de mes équipes sans relâche .

Je deviens agressive, mes nuits sont de plus en plus courtes, j’ai des trous de mémoire de plus en plus fréquents, des maux de tête et de dos réguliers, des troubles de l’appétit.

Petit à petit, je ramène du travail chez moi et arrive au bureau de plus en plus tôt le matin (5h).

Je ne fais plus de pause et mes week-ends, et même mes vacances, ne suffisent plus à récupérer.

Bien sûr, de tout cela, je n’en ai pas conscience.

Il me faudra 6 mois d’arrêt de travail pour commencer à le réaliser.

Je suis tombée sur le front du burn-out le 4 octobre 2021.

Mon cerveau a fait un blackout complet.

Perdue dans mon bureau, mes yeux voyaient sans voir et les mots que je lisais n’avaient aucun sens.

Puis mon corps s’est bloqué : crise de sciatique et effondrement physique.

J’ai passé 3 mois à naviguer entre mon lit et mon canapé distants de 10 mètres.

J’étais une morte-vivante.

Le pire a été le déni dans lequel je me trouvais à ce moment-là.

Lorsque le médecin m’a dit que j’étais en burn-out, je ne l’ai pas cru.

Tout ça n’avait aucun sens !! Moi si forte, en burn-out ? N’importe quoi !!

Ma chute a été encore plus dure au niveau de l’ego quand j’ai pris conscience que c’était vrai.

J’étais en burn-out, un burn-out fracassant qui a ruiné mon être en une fraction de seconde.

Je n’avais plus d’énergie, plus d’émotion, plus d’envie, et je ne savais plus qui j’étais.

Mon cœur battait, c’est tout.

Mes clés pour m’en sortir :

  • Comprendre que moi seule pourrait me sauver,
  • Cesser de jouer les victimes et prendre mes responsabilités pour me sortir de cette glue
  • Accepter que personne ne puisse me comprendre, même ceux qui m’aiment
  • Me faire accompagner par le médecin, le psychologue et un coach pour me reconstruire
  • Aller marcher et prendre le temps nécessaire
  • Et chaque jour, faire un pas de plus vers ma guérison.

J’ai repris mon travail au bout d’un an mais pas au même endroit car le poste était néfaste pour ma santé et aucun aménagement n’a été proposé.

J’ai passé un an à temps partiel thérapeutique avant de reprendre à temps complet.

Le chemin se poursuit et je reste vigilante.

Je connais mes limites et mon corps se rappelle à moi quand je les dépasse.

Non, le burn-out n’est pas une simple fatigue !

Il y a beaucoup de souffrance derrière cet épuisement et un être à reconstruire.

Le chemin est long et douloureux mais il permet d’apprendre à se connaître, se respecter et équilibrer vie personnelle et professionnelle.

La question la plus percutante qu’il m’a été donnée de me poser pour me reconstruire a été : « Qui suis-je lorsque je ne travaille pas? »

Ce burn-out est un cadeau pour ma vie.

Je ne l’ai pas vu de suite car il a d’abord fallu ouvrir le paquet…

Christelle Plana

Audrey Harel

Audrey Harel

Audrey Harel

Un matin en janvier 2017. 

Impossible de sortir de mon lit. 

Corps bloqué.  

« Burn out professionnel » écrira le médecin. 

Panique. 

Le Burn out, un épuisement, du repos, on recharge les batteries et hop, c’est réglé ? 

Non, le Burn out est un effondrement !  

Chute brutale, violente, tout s’écroule. 

Corps douloureux, cerveau en berne. 

Je n’étais plus qu’une plaie béante.  

Traversée du désert, noirceur. 

Une éternité passée sous ma couette, impossible d’affronter le monde, la vie. 

Des crises d’angoisse à la pelle. 

Le ventre noué, des nausées, à la seule évocation du travail.  

Un tsunami d’une violence indicible qui m’a clouée au sol, lacérant ma chair, brisant mon cerveau.  

La femme dite forte, efficace, très investie, l’animal social, a disparu du jour au lendemain.  

Très amaigrie, diminuée, QI de poisson rouge.  

Il a fallu reconstruire sur les ruines de mon moi dévasté. 

Puis retourner sur le lieu du crime, presque 3 ans plus tard. Progressivement.  

J’ai repris à temps plein depuis un an, soit presque 5 ans après la chute. 

Séquelles cognitives difficiles à gérer, à accepter, grande fragilité, sensibilité exacerbée, m’accompagnent désormais. 

Et une RQTH en cadeau. 

Charge de travail inhumaine, maltraitance institutionnelle. 

En bonus un collègue toxique. 

Voilà le cocktail qui m’a brisée.  

J’ai réappris à vivre, je souris, mais la cicatrice ne disparaîtra pas.  

Non, ce qui ne nous tue pas ne nous rend pas plus fort. 

Maya

Témoignage 5

Chronique d’un burn-out annoncé.

Nous sommes en 2008. Maya est une jeune femme cadre de 38 ans, mariée avec 2 enfants. Elle est responsable d’un service de contrôle dans une banque belge et manage un service de 4 personnes depuis 8 ans. Elle gagne très bien sa vie et travaille en région parisienne.

Cette même année, l’affaire Lehman et la crise économique mondiale éclatent, entraînant la faillite de son entreprise. Après de nombreux mois d’incertitude, c’est finalement un grand groupe bancaire français du CAC 40 qui rachète l’entreprise.

Les nouveaux dirigeants lui imposent alors d’intégrer le service dont elle avait la charge du contrôle depuis des années en tant qu’employée, alors qu’elle était chef de service. « Autant dire qu’ils m’attendaient avec un bazooka », se souvient-elle. Commence alors la descente aux enfers.

 

Les évaluations écrites en entretien annuel sont toujours positives. Mais à l’oral, c’est une tout autre histoire : « Tu as tenu les délais, mais tu aurais pu faire mieux » : « on te demande de tenir les délais, pas de faire de la qualité !» ; « Tu es trop bienveillante comme manager ». Elle ne se sent pas reconnue, se sent dénigrée, dévalorisée, ne parvient pas à s’intégrer, n’a aucune augmentation…

Les collaborateurs de l’ancienne structure partent les uns après les autres. Un dirigeant du nouveau groupe avouera des années plus tard : « On devait tout faire pour dégoûter les anciens absorbés et les pousser à la démission ».

Elle doit gravir à nouveau les échelons. Par chance, en 2013, celui qui était son manager dans son ancienne entité devient son manager dans la nouvelle. Elle se dit que les choses vont s’améliorer. En effet, au début, il lui redonne des responsabilités en lui confiant un service avec une nouvelle équipe et lui permet de mettre en place de nouvelles procédures. Mais au bout de 18 mois, il est en arrêt de travail pendant de longs mois. Verdict : épuisement.

Depuis son arrivée en 2010, elle a changé de managers tous les ans. « En 7 ans, j’ai eu 7 évaluations par 7 chefs différents ».

Le marché se tend. La cadence augmente, les délais raccourcissent. Les outils ne sont pas adaptés, tout se fait sur Excel où le risque d’erreur de saisie est grand. Les clients sont de plus en plus exigeants. Les réunions inutiles s’enchaînent et sont chronophages, contribuant à accumuler le retard.

 

Elle commence à se sentir très fatiguée, sans compter que son temps de trajet d’environ 1h30 par jour n’arrange rien.

Les arrêts maladie se succèdent au sein du service, mois après mois. La direction n’envisage aucun renfort. Alors forcément, il faut absorber la charge des absents.

« J’étais à 80%, mais en réalité je faisais au moins un 120% en 4 jours » ; comme la charge ne cesse d’augmenter, elle travaille le soir, le mercredi et le WE pour essayer de tenir les délais.

Puis vient la mise en place des fameux indicateurs de performance, des ratios de productivité mis en place sans concertation (qui ne tiennent pas compte de la difficulté du dossier de contrôle), des changements d’organisation (modification des circuits des procédures, nouveau logiciel à déployer, turn-over qui augmente…)

En 2014, elle s’arrête une première fois 15 jours aux alentours du mois de février. Puis elle recommence l’année suivante. Elle comprendra plus tard que c’est la période qui correspond au pic d’activité et à la fin des certifications.

En 2015, elle s’arrête 2 fois un mois. Comprenant que la situation devient difficilement tenable, elle demande une mobilité interne en janvier 2016 (changement de poste et changement de lieu géographique pour se rapprocher de chez elle). Elle change de poste en juin 2016 et travaille à 10 min de son domicile. Elle est de nouveau repositionnée en tant qu’employée et on lui impose de passer à 90% de son temps.

L’arrivée se passe bien avec une formation intensive ; sa mission est de participer à la création d’un service mais très vite elle subit un écart de vision qui a lieu entre ses deux supérieurs sur la façon de faire, et subit ordre et contre-ordre.

« C’est comme si mon cerveau avait disjoncté »

Fin octobre 2016 elle part en congés. Elle profite à peine de ses vacances : fatigue chronique, inertie, cerveau « qui bug »… Le 2/11/2016, jour de reprise, elle se sent incapable de retourner travailler. Elle y retourne tant bien que mal. A peine arrivée, son chef lui demande de le rejoindre : « au prix où tu es payée, j’aimerais que tu travailles plus. Et au fait, je voudrais que tu changes les conclusions de ton dernier dossier ». Pour elle, c’est la goutte d’eau. Elle se souvient d’une « disjonction » dans son cerveau. Elle n’entend plus ce que son chef lui dit. « Je retourne à mon poste, je reste assise une demi-heure face à mon écran, sans bouger. Je décide de rentrer chez moi et prends la voiture machinalement, avec l’envie d’en finir. Je veux mourir. Je veux disparaître. Je ne sais pas comment je suis rentrée chez moi ».

Le soir, son mari lui intime l’ordre d’aller voir son médecin, qui lui dit « madame, je crois qu’on y est cette fois, vous n’allez pas pouvoir retourner au travail avant un très long moment ». Elle lui prescrit un suivi psychiatrique qu’elle commence en décembre 2016. Cocktail d’antidépresseurs, d’anxiolytiques et de somnifères.

Pendant 4 mois, elle ne fait que pleurer et dormir. Pendant presque 3 ans, elle aura des nausées chaque fois qu’elle passera à proximité de son ancien lieu de travail ou de toute agence bancaire portant le logo de son ancienne entreprise.

En mars 2017, elle est convoquée par la sécurité sociale, qui lui suggère de prendre contact avec sa médecine du travail ; celle-ci lui déconseille de reprendre son poste ; elle entame (sur les conseils de son avocate) une procédure de licenciement pour inaptitude. Elle prend alors conscience qu’elle ne retournera plus à son travail. Sentiments de peur et de soulagement mêlés.

Elle met 9 mois à ‘digérer’ ; certes, elle avait une porte de sortie, mais elle a mal vécu cette ‘sortie’. « J’avais honte de ne pas avoir réussi à tenir, j’avais le sentiment d’être une merde ».

Elle reçoit sa lettre de licenciement le 28/7/2017. Un énorme soulagement ! Son sentiment de colère, d’injustice et son besoin de réparation s’apaisent.

Puis c’est la peur de l’avenir. Il faut s’inscrire à Pôle Emploi, elle qui n’a jamais connu un seul jour de chômage de sa vie. Elle s’y inscrit l’été 2017.

« J’ai un Bac+4, j’avais un bon boulot…un excellent salaire acquis grâce à mon ancienne entreprise, je ne supportais pas l’idée de vivre aux crochets de la société ».

Avec sa conseillère, elle entame une réflexion sur le sens de son job. Elle comprend qu’elle ne l’a jamais exercé par plaisir, qu’elle considère sa vie professionnelle comme un devoir, quelque chose d’alimentaire. Elle opère un recentrage. Ce sera le secteur médico-social qui l’a toujours attirée et la comptabilité, ses premières amours.

Elle rumine jusqu’en janvier 2018, où elle se sent prête à reprendre une activité. Elle se lance dans des cours de comptabilité par correspondance et trouve en avril un emploi de comptable à mi-temps. Et elle accepte de diviser par 3 son salaire

« J’avais l’impression d’être passée d’une Ferrari à une 2 CV »

Les 2 premiers mois de reprise sont très durs : « je n’arrivais plus à me concentrer longtemps. J’avais des problèmes pour mémoriser, et quand on me parlait je sentais que je ne parvenais pas à maintenir mon attention très longtemps ». Elle a peur de ne pas réussir à tenir le poste. « J’avais l’impression d’être passée d’une Ferrari à une 2 CV. Aujourd’hui encore je n’ai pas récupéré toutes mes facultés ». Peu à peu, elle reprend confiance et le temps fait son effet.

Où en es-tu aujourd’hui ?

« Depuis l’été 2018, je me sens un peu mieux. Avec le recul, je me dis que finalement, ça a bien fait de m’arriver. Je pense que le burnout m’a sauvée du suicide ».

Pour autant, elle ne sent pas encore capable de reprendre un emploi à temps plein :

« Je me sens très vite débordée. J’ai parfois des crises d’angoisse quand je me sens dépassée où quand je revis des scènes ou que je t’entends des propos qui me rappellent mon ancienne vie ».

Avec le recul, quels signaux d’alerte n’as-tu pas perçus ? Ou ne voulais-tu pas voir ?

« Les 2/3 années précédant mon burnout, je voyais bien que je perdais beaucoup plus vite patience. J’étais sans arrêt fatiguée. Ma consommation d’alcool augmentait.

Je répétais sans cesse (aux autres et à moi-même) « ça va aller » ! Mais ça allait de mal en pis. Problèmes récurrents de sommeil, au début le dimanche soir, puis après tous les soirs…

Je n’avais aucune déconnexion pendant mes congés : je recevais des appels téléphoniques, je me connectais régulièrement à ma messagerie. Et quand je rentrais de congés, je me sentais autant fatiguée qu’avant de partir.

Et puis, j’avais l’habitude de déjeuner avec l’équipe. La fréquence s’est réduite, puis c’était un sandwich devant l’ordinateur pour gagner du temps. Jusqu’à sauter des repas.

Entre 2014 et 2016, je ne compte plus le nombre de migraines et de sciatiques que j’ai eues.

Enfin, une prise de sang il y a quelques années avait déjà révélé que mon taux de cortisol avait fortement augmenté. Mon médecin n’y avait pas prêté attention à l’époque. Lors d’une nouvelle prise de sang début 2018, le taux avait explosé les seuils ». [NDLR : le cortisol, souvent appelée ‘l’hormone du stress’, est une hormone qui, si elle est secrétée de manière excessive et prolongée, a des effets néfastes sur la santé, comme la dégradation de la mémoire et des capacités d’apprentissage].

A ton avis, qu’est-ce qui t’a amenée à cette situation ?

« En premier lieu, je dirais mon perfectionnisme ; je voulais être une salariée modèle, d’une loyauté à toute épreuve, avec un fort sens du devoir, voire du sacrifice. « On peut toujours mieux faire » était ma devise ! Et puis mon manque de confiance en moi faisait que j’avais un grand besoin de reconnaissance.

J’avais également (et j’ai toujours un peu !) une croyance que s’écouter, c’est être égoïste.

Ensuite, ma difficulté à exprimer mes émotions. Je gardais tout pour moi, je ne me confiais à personne, pas même à mon mari (ou tout du moins il avait la version édulcorée), qui avait lui-même aussi des soucis professionnels. Après tout, c’étaient MES problèmes et donc c’était à moi seule de les gérer.

Enfin, mon incapacité à dire non, à poser des limites. Est-ce que j’aurais pu alerter ma hiérarchie quand ma charge de travail a considérablement augmenté ? Impensable à l’époque ! J’avais trop peur du regard des autres : ils vont penser que je ne suis pas fiable, que je ne résiste pas à la pression, que je ne suis pas capable… j’avais peur d’être rejetée. J’étais en plus une salariée de l’entité absorbée … une étiquette dans le dos que le temps n’efface pas ».

A quoi es-tu particulièrement vigilante depuis cette expérience ?

« Aujourd’hui, je veille tant bien que mal à me réserver des soupapes de décompression (comme une heure de lecture, un bon bain, une balade…), peu importe du moment que c’est du temps pour moi !

J’essaie d’exprimer davantage ce que je ressens, si possible au moment où je le ressens, pour éviter de somatiser. J’ai compris que demander de l’aide n’était pas un signe de faiblesse, mais demande au contraire du courage. Donc je parle davantage à mon entourage.

J’apprends à dire non quand quelque chose ne me convient pas.

Et j’essaye d’écouter mon intuition et les messages que m’envoie mon corps …mais c’est encore difficile !»

Quel message as-tu envie de transmettre à nos lecteurs ?

« On ne sort pas indemne d’un burnout, les séquelles sont bien réelles. Il est possible de s’en relever, mais en étant différent ! Apprenez à vous écouter pour pouvoir vous arrêter à temps ! »